Le Sâr Péladan ou le serment de l’idéalité. Aux sources Esthétiques et ésotériques de son œuvre. (EAN: 978-88-7252-432-9)

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Lorsque Péladan (1858-1918) publie à vingt-six ans Le Vice Suprême – un succès littéraire – la première édition de 1884 s’intitulait Études passionnelles de décadence. Dès 1886, Péladan lui donne un autre titre : La Décadence Latine. Éthopée I. L’œuvre était lancée !
Péladan avait déjà conçu tout ce qu’il aurait à dire. Barbey d’Aurevilly, avait préfacé l’ouvrage et annonçait la prédestination de l’auteur : c’est « le coin immense de cette fresque que Péladan va continuer de nous peindre » avait-il écrit. Balzac n’avait-il pas mis plus de quinze ans avant de concevoir le titre de sa Comédie Humaine ? Seulement voilà, la postérité de ce dernier sera vite établie. Celle de Péladan est encore loin d’être assurée.
La contribution d’Emmanuel Dufour-Kowalski à une meilleure connais- sance de Péladan – cet auteur ostracisé – pour un approfondissement des clefs ésotériques et idéalistes de son œuvre, est ici bienvenue.
L’idéalité – thématique évoquée dans cet ouvrage – n’en est pas moins vo- latile et alchimique, difficile à cerner chez Péladan. Serait-ce l’amour trans- muté en admiration de Leonora d’Este pour l’abbé Alta dans Le Vice Suprême ; ou plutôt l’amour du sculpteur Nebo pour Paule Riazan, sublimé en rituel gnostique dans L’Initiation Sentimentale ? Ou encore la fuite en Inde d’Isabella et de son amant abandonnant son château lombard et sa famille dans Modestie et Vanité ? La praxis idéalisée du théoricien de l’éros et les ascèses préconisées par le Sâr dans ses sept Amphithéâtres des Sciences Mortes qui s’organisent en septénaire, offriront plus de confusions psychologiques qu’un ordre moral éloquent.
Quant au style de l’écrivain – un écrin de perles rares – Péladan, grand psychologue et grand moraliste, saura en infuser les miroitantes effigies synesthésiques dans sa page baroque. Plume érudite, pointée toujours vers un ciel lumineux d’idéalité, l’écrivain nîmois pressera le ciel depuis son écritoire « traditionnel », pour en goûter l’ambroisie magique. Serait-ce celle des dieux du paganisme ?
Péladan demeurera toujours fasciné par la Renaissance qu’il n’a cessé d’in- voquer – le Quattrocento en particulier – cette époque où Léonard de Vinci, que Péladan portera au pinacle, imposera à l’Art symbolique son sens de l’observation transcendante, méthode que Péladan actualisera pour la Belle Époque ; et ce, face à une Église chrétienne sclérosée, qu’il ne cessera de tancer, lui – ce Croisé des temps modernes – prêtre à son Art à l’instar d’un V. Kandinsky ! Péladan sera convaincu de pouvoir adouber un jour la Foi chrétienne à son nouveau catholicisme ésotérique, ouvert aux initiations du christianisme primitif !
Ce n’est pas sans raison que Louis Pauwels – l’auteur du Matin des Magiciens (1960) – annoncera que le positif et le merveilleux sont complémen- taires, Péladan n’en avait-il pas déjà fait le constat à La Belle Époque ?

Autore : Dufour-Kowalski, Emmanuel

Collana : Archives 21

Pagine : 390, numerose ill. a colori e b/n.

Anno di Pubblicazione : 2025

Lingua : Francese

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